Les Comores proposent quelque chose que ces autres destinations ont perdu en grande partie : l'authenticité culturelle et une nature largement préservée et restée "en l'état" (en brousse). En résumé, on peut dire que les Comores sont une destination pour les "voyageurs" et non pour les "touristes". La nuance est d'importance : un touriste aura des exigences alors que le voyageur saura s'acclimater, se contenter de ce qu'on lui propose. Revers de la médaille : le voyageur est moins riche, beaucoup moins riche, que le touriste... Le voyageur ne pourra qu'être sensible à ces îles qui ont su (malgré elles?) conserver leurs traditions, leurs modes de vies tellement éloignés des autres pays : européens, asiatiques et même africains (les grandes villes africaines ne sont pas si éloignées que cela des cités occidentales).
Venir aux Comores est un voyage dans le temps autant que dans l'espace. Ce qui est perçu comme un handicap : petitesse du pays, retard technologique et économique, peut devenir un atout dans ce domaine du tourisme vert. Cela suffira-t-il à faire vivre la population? Oui, à condition d'accepter de ne pas entrer dans la société de consommation telle qu'on la connaît partout ailleurs. Tenter une sorte d'exception économique et culturelle, une autre voie de développement "modéré" (qui reste à inventer), ne paraît pas simple tant la soif de clinquant technologique est grande. Ce qui est tout à fait compréhensible. Un choix et des objectifs à définir... et à tenirSi les Comores veulent vraiment orienter leur développement vers le tourisme, l'heure est venue de définir une stratégie volontaire et réaliste. Les initiatives privées ou collectives ne manquent pas, l'imagination est là (cf : le projet de Ouallah II à Mohéli) même en l'absence de moyens. Les projets mis en place, malgré leur modestie (ou grâce à cette modestie de moyens?) prouvent leur viabilité. Les dirigeants sauront-ils développer ce ferment et favoriser ces intitiatives? Il n'en reste pas moins que tous ces efforts, toutes ces initiatives, toute cette énergie seront vains si le climat politique ne parvient pas à se stabiliser, si les dirigeants des différentes îles ne cessent pas de se renvoyer la balle en faisant porter sur "l'autre" la responsabilité de ce marasme économique. Rien n'éloigne plus le touriste, le voyageur ou l'investisseur que la crainte de troubles. C'est trop souvent que les Comores se trouvent sur la liste des pays à éviter publiée par le Ministère français des Affaires Etrangères.... Cette instabilité, ces coups d'état à répétition sont le principal obstacle au développement économique du pays.
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