Né le 20 février 1936, Mohamed Taki est le premier
Comorien diplômé de l'Ecole des Ponts et Chaussées. Il a débuté
sa carrière à Anjouan comme chef de la subdivision des Travaux
Publics avant d'en devenir Directeur Général.
Après la proclamation unilatérale de
l'indépendance de la France le 6 juillet 1975, Ahmed
Abdallah Abderramane lui confie le portefeuille de l'intérieur.
Moins d'un mois plus tard, Ahmed Abdallah est renversé par Ali
Soilihi, et Mohamed Taki plonge dans la clandestinité. "Je
me suis carrément enfermé de manière que personne ne puisse me
voir", dira-t-il plus tard.
Le 3 avril 1977, M. Taki, mêlé à une tentative de
coup d'Etat contre Ali Soilihi, est arrêté, mais cherche la
clémence en accablant ses amis, selon des témoignages.
Il est libéré le 13 mai 1978 à la suite du coup
d'Etat d'Ahmed Abdallah qui le nomme secrétaire général du
directoire politico-militaire mis en place avec le soutien du
mercenaire Bob
Denard.
Elu député, il devient président de l'Assemblée
Nationale et est l'initiateur de la loi instituant le parti unique de
l'époque, l'Union comorienne pour le Progrès. Il se fera aussi
remarquer par sa fameuse doctrine politique sur le pouvoir des
notables, l"Ubedjaya".
En 1984, il rompt avec Ahmed Abdallah et se réfugie
à Paris dans un exil qu'il qualifie de "volontaire".
Après l'assassinat d'Ahmed Abdallah en novembre
1989, Mohamed Taki rentre aux Comores pour se présenter à
l'élection présidentielle où il est battu par Saïd
Mohamed Djohar qu'il taxe d'"usurpateur", élu
avec la "complicité" de la France.
Toutefois, c'est à nouveau à Paris qu'il s'enferme
dans un exil qu'il quittera en novembre 1991 pour une "réconciliation
sous serment" qui ne durera que quelques mois.
Une fois de plus en septembre 1992, Mohamed Taki est
impliqué dans une tentative de coup d'Etat qui tourne à la
mutinerie et à la rébellion armée. Traité de "hérisson"
par le président Djohar, un mandat d'arrêt international est lancé
contre cet homme qui replonge dans la totale clandestinité pendant
trois ans.
Il refera surface à la faveur du coup d'Etat
organisé par Bob Denard en septembre 1995, en devenant pendant 48
heures co-président d'un éphémère directoire politique mis en
place par les putschistes.
Le 16 mars 1996, Mohamed Taki est enfin élu, dans
les règles, président de la République avec 64,16% des suffrages.
Sa présidence aura duré 32 mois.
d'après Aboubacar M'Changama
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