Ahmed Abdallah Sambi est né le 5 juin 1958 à
Mutsamudu, la capitale d'Anjouan où, comme tous les jeunes
comoriens, il fréquente l’école coranique et l’école primaire.
Il commence le secondaire à Mutsamudu, pour le terminer en Arabie
Saoudite et au Soudan.
C’est en Iran qu’il acquiert une solide
formation religieuse et complète son éducation politique dans
l'école « Hawzat Al Qaaim ».
Ahmed Abdallah Mohamed Sambi s’est fait connaître
dans son pays pour la première fois, pendant ses vacances d’été
en 1979, par les causeries qu’il tenait dans la principale mosquée
de Mutsamudu et par le périodique « Retour à la source » qu’il
fondera avec ses amis après son retour aux Comores pendant l’été
1980.
Il effectue des visites, à Madagascar en 1982 et à
l’Île Maurice en 1984 où il tient également des Conférences
dans les mosquées.
Rentré définitivement au pays début 1986, il
fonde une école pour filles (Madras) et continue ses conférences,
le soir dans les mosquées. L’engouement des jeunes pour ces
Conférences inquiète sérieusement les autorités du régime de
l’époque et le Gouverneur d’Anjouan ordonne la fermeture de son
école et interdit ses conférences.
Ces mesures mécontentent les jeunes qui déclenchent
des manifestations de rue et font face aux forces de l’ordre de la
Gendarmerie venues les disperser. Le bilan se solde par des voitures
brûlées, de nombreux blessés et des arrestations.
Ahmed Abdallah Sambi, lui-même accusé de
conspiration est emprisonné durant trois semaines.
Après sa sortie de prison, il part en
Grande-Comore, où il élargit son audience.
Ce vivier d’admirateurs servira largement lors de
sa campagne et de son élection à la magistrature suprême du pays.
Au milieu de 1987, il part en Egypte et y rencontre
les étudiants comoriens du Caire qui ont fait sa connaissance lors
d’une de ses conférence. A son retour aux Comores, on lui retirera
son passeport et on lui interdit de quitter le pays.
En août 1988, le futur Président de l’Union des
Comores épouse à Mutsamudu, Anjouan, Hadjira Djoudi, dont le père
Djoudi Ahmed est issu d’une mère comorienne et d’un père
Yéménite.
En 1989, le Président Ahmed
Abdallah Abdérémane ordonne la restitution de son passeport à
Sambi qui se rend aussitôt à Maurice. C’est là qu’il apprend
l’assassinat du Président Abdallah le 26 Novembre 1989.
La période allant d’avril 1990 à Décembre 1996
voit Ahmed Abdallah Sambi s’activer pour tenir, pour la première
fois, des conférences à Mayotte, fonder à Anjouan Radio Ulézi et
TV Ulézi, participer à la création du parti F.N.J (Front National
pour la Justice) et soutenir activement la candidature de Mohamed
Taki Abdoulkarim aux présidentielles de 1990.
Pendant ces années 90, il mobilise contre
l’établissement des relations avec Israël, contre la publication
des versets sataniques de Salman Rouchdi, contre le visa d’entrée
à Mayotte imposé par le Gouvernement Balladur, contre la réduction
de la taxe de l’alcool et en 1993, il appelle à des manifestations
contre le massacre des musulmans en Bosnie et mobilise des fonds en
faveur des victimes de la guerre dans ce pays.
En 1994, il visite la France où il tient des
conférences dans des centres culturels avant de rentrer à Mutsamudu
en novembre 1994 pour y organiser une grande manifestation contre
l’établissement des relations entre les Comores et Israël. Il
partira ensuite en Egypte pour dénoncer ces relations auprès du
Secrétaire Général de la Ligue des Etats Arabes et sera arrêté
pour cela et jeté en prison sur ordre du Gouvernement comorien.
Défenseur actif de la candidature Taki en 1996,
Sambi déclinera l’offre d’un poste ministériel puis celui
d’Ambassadeur qui lui sont proposée, pour se faire élire député
de Mutsamudu. Nommé Président de la Commission des Lois à
l’Assemblée Nationale, il est pris de cours par les émeutes
d’Anjouan, en 1997.
Rentré à Anjouan en août 1997 sur demande
expresse du Président Taki Abdoulkarim, il refuse d’assister à la
prière dans la mosquée de vendredi sur laquelle flotte le drapeau
français. Menacé par les séparatistes, dans sa personne, sur sa
famille et ses biens il est contraint à démissionner de son mandat
de Député
Il se réfugie avec sa famille à Madagascar en
janvier 1999, après avoir été agressé verbalement dans la mosquée
de Moroni où la rumeur propagée par ses détracteurs faisait de
lui, à son corps défendant, un des chefs du séparatisme
anjouanais.
Rentré au pays en mars 2000, il se lance dans
l’aventure industrielle et devient fabricant de matelas. La petite
entreprise fonctionne assez bien et donnera naissance à une unité
de production de Parfum et d’Eau de Cologne en 2003. En 2004, à la
suite d’un voyage en Inde où il a visité une foire industrielle,
il achète le matériel nécessaire à la mise en bouteille d’eau
de table.
Ahmed Abdallah Sambi se présente aux élections
présidentielles de 2006 sous étiquette indépendante bien qu’il
soit toujours membre de son parti. « Je me suis présenté en
candidat indépendant pour rester indépendant » déclare-t-il
au cours d’un grand meeting à Moroni.
Il sera élu le 26 mai 2006 avec 58% des suffrages,
dans le cadre de la présidence tournante instaurée par la
constitution de l’Union des Comores, le 23 décembre 2001. Il
représente Anjouan dans cette tournante après le mandat d'Azali
Assoumani qui représentait la Grande Comore.
C'est en 2010 que cette tournante devait revenir à
Mohéli. Cependant, après la modification constitutionnelle
intervenu après le référendum de mai 2009, cette date a été
remise en question et a été fixée au 27 novembre 2011, ce qui a
provoqué la colère
des mohéliens en mars 2010.
(avec des éléments biographiques en provenance de
la présidence de l'Union des Comores)
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