Le colonel Azali devient ainsi un président
fréquentable pour ses pairs africains qui ne poseront plus de
conditions pour l'accueillir dans leurs forums, estiment les
observateurs dans la capitale comorienne.
Vers la fin des années 70, il obtient un
baccalauréat scientifique au lycée Saïd Mohamed Cheikh de Moroni
avant de s'orienter vers le métier des armes à l'Académie
militaire royale de Mekhnès, au Maroc, d'où il sort avec un brevet
de parachutiste. De retour au bercail en 1981, il est, à 22 ans,
l'un des plus jeunes officiers de l'armée comorienne dans les rangs
de laquelle il exercera plusieurs fonctions de responsabilité. Avant
de s'occuper du suivi des affaires militaires auprès du directeur de
cabinet du président de la République en charge de la Défense, de
1987 à 1989, Assoumani Azali est successivement chef de section à
l'Ecole nationale des forces armées et de la gendarmerie (ENFAG),
commandant de la 9è compagnie dans l'île d'Anjouan, puis chargé de
la sécurité militaire des Forces armées comoriennes (FAC). Un
petit crochet à l'Ecole d'infanterie de Montpellier (France) lui
permettra de parfaire sa formation avant d'aller suivre la neuvième
session de l'Institut des hautes études de la défense nationale
(France), prélude à son entrée, quelques années plus tard, au
prestigieux Collège inter-armées des défenses (Ecole de guerre) de
Paris.
En 1990, lorsque le président Abdallah est
assassiné par sa propre garde, Azali Assoumani devient commandant
provisoire des FAC. En décembre de la même année, cumulativement
avec ses fonctions de chef de Bureau Opérations, Instructions, il
est nommé commandant en second de la Force comorienne de défense
(FCD) née de la fusion entre les FAC et la redoutable Garde
présidentielle (GP) du président assassiné sous la férule du
mercenaire Bob Denard. Un an plus tard, promu chef de bataillon, il
succède à Louis Marano, un assistant militaire français, qui
devient son conseiller au commandement de la FCD. C'est à ce poste
que le surprendra une rébellion militaire en 1992 lorsque des
soldats ont tenté de renverser le régime. La résistance qu'il leur
a opposée sera interprétée comme un soutien au régime Djohar, ce
qui lui vaudra, une fois Taki élu en 1996, une brève mise à
l'écart.
En pleine crise séparatiste, dix mois après
l'infructueux débarquement militaire à Anjouan pour rétablir
l'ordre, Mohamed Taki fait appel au colonel Azali qui succède, en
juin 1998, au colonel Moilim Djoussouf comme chef d'état-major de
l'Armée nationale de développement (AND). Ses adversaires lui
reprochent d'avoir trouvé refuge à l'ambassade de France en
septembre 1995, laissant le lieutenant-colonel Soilihi (Campagnard)
seul au front face aux hommes de Bob Denard qui tentait son énième
renversement d'un président comorien.
Né en 1959 à Mitsoudjé, à 15 km au sud de
Moroni, la capitale des Comores, le Président Azali est marié et
père de quatre enfants.
Comores-Infos n°64 du 19 mai 2002
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