Comores - Rapport annuel 2003
Un journaliste a été libéré après avoir passé
près de cinq mois en détention. Les médias d'Etat restent très
étroitement surveillés et contrôlés par le gouvernement central
du colonel Assoumani Azali.
L'histoire des Comores est parsemée de coups d'Etat
et de tentatives de renversement du pouvoir en place. Pour tenter d'y
mettre fin, les autorités locales entament, à la fin de l'année
2001, une modification de la Constitution. Premier changement : le
nom du pays devient l'Union des Comores. En mars 2002, le chef de
l'Etat sortant est élu président de la toute jeune Union.
Habitué des coups d'Etat, le colonel Assoumani
Azali connaît l'importance des médias dans son pays. Pour preuve,
le 14juin au matin, en plein bras de fer avec le président régional
de l'île de la Grande Comore, Abdou Soulé Elbak, le chef de l'Etat
déploie brusquement l'armée autour de certains bâtiments publics
de Moroni, dont la radio nationale. Aucune explication officielle
n'est fournie. Il ne fait cependant aucun doute que le président de
l'Union des Comores craint un affaiblissement de son pouvoir central
au détriment des présidents locaux des trois îles qui composent le
pays.
Quelques semaines plus tard, la situation se dégrade
encore. Le 28 août, des affrontements opposent l'armée à une
centaine de partisans d'Abdou Soulé Elbak. Le conflit a pour origine
le partage du pouvoir entre le colonel Assoumani Azali et le
président de la Grande Comore. Ibrahim Youssouf, cameraman de Radio
France Outremer (RFO), est alors molesté par cinq militaires. Sa
caméra est endommagée et sa cassette saisie. Le journaliste porte
plainte pour coups et blessures, et entrave à la liberté de la
presse.
Le seul point positif de cette année politiquement
mouvementée est la libération, en février, en pleine campagne
électorale, d'Izdine Abdou Salam, journaliste de Radio Karthala. Ce
reporter avait été arrêté en novembre 2001 après avoir organisé
un débat sur le projet de la nouvelle Constitution. Plusieurs
intervenants avaient alors critiqué sévèrement le texte présenté
par les autorités.
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