Nioumachoua s'étend, tout en longueur, derrière une plage de sable fin qui n'en finit pas. Il n'y a guère de chances de rencontrer d'autres estivants que des ânes ou des enfants... De quoi faire rêver les habitués de la Grande-Motte... A quelques brasses, quatre ilôts barbotent dans une eau cristalline à faire pâlir de jalousie toutes les sources venant des volcans d'Auvergne...

Comme partout aux Comores, le sourire des enfants... nombreux... très nombreux... Avant d'être un paradis pour voyageurs, Nioumachoua est un village où des gens vivent, travaillent, tentent de "s'en sortir". Ici, "s'en sortir', ça veut tout simplement dire assurer les besoins de la famille. Tant que Mohéli continuera à fonctionner selon le modèle de l'économie de subsistance, de l'auto-subsistance même, les mohéliens ne seront pas "malheureux". Les îles de la région ne connaissent pas la famine. La nature, généreuse, a suffit, jusqu'à aujourd'hui à assurer les besoins vitaux des populations. Malheureusement, nous vivons dans un monde où les puissants acceptent mal qu'un être humain ne soit pas avant tout un consommateur. On agite alors des breloques qui ont pour nom "Coca Cola", "Nike"... bientôt "Nintendo" et "Sony" sous le nez de gens qui vivaient très bien sans. Un monde qui peut se résumer en "consommer ou disparaître!". La seule chance de ces îles tient dans leur taille microscopique : ils ont une chance d'être oubliés des marchands de rêves qui tournent au cauchemar. Les habitants l'ont-ils compris? Pour l'instant, ils prennent cet "oubli" avec philosophie, mais n'en espèrent pas moins entrer un jour dans l'arène technologique. Doit-on leur souhaiter?
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