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La politique aux Comores

Assoumani Azali : «Nous ne braderons pas Mayotte»

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Propos recueillis par T. B. - [02 février 2005]
Vendredi 26 Mars 2010 - 08:02:58| Modifié le Vendredi 26 Mars 2010
En février 2005, Assoumani Azali faisait une visite officielle en France, la première depuis l'indépendance
Azali et Mohammed Bacar sur l'aéroport d'Ouani à Anjouan en 2005 (archive)
Crédit photo : R.C./Le Canal

LE FIGARO. – Cette première visite en France d'un président comorien depuis l'indépendance signifie-t-elle que les relations sont enfin normalisées ?
Assoumani AZALI. – Nous l'espérons. Pour nous, l'invitation de Jacques Chirac traduit cette approche.
Nous avons toujours eu des relations. La France est, avec la Libye et la Chine, l'un des Etats qui entretient une ambassade à Moroni. Mais c'est vrai que ces dernières années, nos relations étaient au plus bas. La France ne fréquente pas de régime infréquentable, nous répondait-on alors. C'était une  façon de nous dire de se calmer. Les choses sont depuis rentrées dans l'ordre.

Qu'attendez-vous de Paris ?
Son appui dans le cadre multilatéral pour négocier avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. On voudrait que la France soit notre porte-parole auprès de ces institutions et de  l'Union européenne.

Le cas de Mayotte est-il désormais réglé ?
On ne peut absolument pas dire ça. Mayotte est un problème qui existe. Nous nous sommes simplement  entendus avec Jacques Chirac pour qu'il n'empêche pas une coopération. Mais on plaide toujours pour  une Mayotte comorienne même si nous sommes conscients que ça ne peut pas se faire d'un coup de  baguette magique. Et, nous refuserons une évolution du statut de cette île. Je vous rappelle que pour  l'ONU, les Comores comportent quatre îles, et que le dirigeant comorien qui bradera Mayotte n'est pas  encore né.

Cette coopération s'étendra-t-elle, comme le demandent les autorités françaises, jusqu'à une lutte  contre les clandestins qui partent des Comores pour débarquer sur Mayotte ?
Il y a là un blocage. La France appelle ces gens «clandestins» et leur impose des visas. Pour nous,  c'est tout simplement des Comoriens qui se rendent dans une autre partie des Comores. Le vrai drame  est que beaucoup de nos jeunes qui tentent cette traversée y trouvent la mort. Mais je n'ai pas de  solution à apporter à ce problème.

La période de calme que traverse l'archipel ne pourrait pas un peu tarir ce flux ?
On a passé le cap le plus dur. Les institutions sont en place, les élections se sont bien passées. On  a démontré que les Comores sont en sortie de crise. Mais la rechute est toujours possible. C'est pour  cela qu'il faut s'atteler au développement du pays, à l'éducation des jeunes, qui sont les seules  solutions à l'instabilité politique et à l'immigration.

Vous ne redoutez pas la montée d'un islam extrémiste ?
Rien ne dit qu'il y a chez nous des fanatiques, même si un terroriste connu est né aux Comores. Notre  islam est tolérant. Mais nous sommes fragiles car nous sommes pauvres. Il faut éviter que les jeunes  désoeuvrés ne deviennent les esclaves de cette idéologie extrémiste. Cela n'est pas spécifique aux  Comores. C'est un phénomène mondial. Les États-Unis nous apportent leur aide dans le cadre de la  sécurité. Mais, je le répète, c'est le développement qui compte surtout. Tous les problèmes sont  liés.

Rencontre entre A. Azali et Jean-Louis debré, président de la chambre des députés français

Océan Bambo
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